Rencontre avec In Love With A Ghost

·4 min · #musique#ManifestoXXI

Cet article a été initialement publié sur le site de la revue Manifesto XXI.

In Love With A Ghost Manifesto XXI

Manifesto XXI profite du lancement du collectif Kujira Records pour rencontrer son fondateur In Love With A Ghost et vous en apprendre plus sur le monde subversif du chill et de la vaporwave.

MXXI – Lorsque nous avions parlé de toi dans l’article « Les meilleurs producteurs sont des gros nerds », tu décrivais ta musique comme de la « flute wave » ou de la « chong step », c’est toujours le cas ?

En fait, je l’appelle comme ça pour le plaisir de l’association de deux mots valises. La flûte pour le côté aérien de la musique, le « chong » pour la connotation japonaise. Pour ce qu’il en est maintenant, c’est vrai que ma musique est en pleine évolution, j’essaye de garder certains de ces gimmicks musicaux, mais sans tomber dans le prévisible.

MXXI – Dans ce domaine, quelles sont tes principales références ?

Ma principale référence c’est soundcloud, même si j’ai quelques albums que j’écoute tout le temps. Saycet est la base de mon parcours musical, c’est celui qui m’a donné envie de me mettre à la musique. Après, j’écoute énormément de producteurs indépendants : Sloslylove, Submerse, Slowmagic, Gold Panda, Apparat… Beaucoup des « bedroom producers » font une musique tournée vers le club, mais moi je me suis tourné vers un domaine dans lequel peu de gens se dirigent, parce que ce n’est pas celui que l’on recherche pour aller en boite.

MXXI – L’EP 2 titres intitulé Feels est joué quasi exclusivement au piano, c’est important pour toi cette touche « classique » ?

Ça me permet de me rapporter aux bases de la musique, lorsqu’on n’avait pas d’ordinateur, pas de sons synthétiques. Moi ce qui m’a fait marrer, c’est que du coup, je l’ai composé entièrement au piano, mais au final tous les instruments sont des VST générés virtuellement, le côté électronique, même si on ne l’entend pas, est toujours très présent. Par ailleurs, j’ai toujours écouté beaucoup de classique et j’avais envie de produire un EP qui changeait un petit peu, d’être là où on ne m’attendait pas.

In Love With A Ghost EP Manifesto XXI

MXXI – Tu viens de lancer le collectif Kujira avec plusieurs autres artistes, est-ce que tu peux nous en parler un peu ?

L’idée du collectif ça fait à peu près un an que je l’ai en tête et j’ai enfin décidé de la concrétiser. L’idée c’est d’apporter une touche autre que le club à la musique électronique, quelque chose de plus chill. Pour le moment on est 8 dans le collectif. Au niveau des projets, on va commencer simplement par la musique, se supporter entre nous, travailler ensemble et faire des sorties sur le label.

MXXI – Votre première sortie sur le label est l’EP « Glad to be sad » de DJ Valium, catégorisé « vaporwave ». Tu y crois toi, au potentiel de subversion de la vaporwave ?

Je pense que c’est encore plus profond que ça. En fait, c’est tellement profond que ça en devient presque inexplicable. Je pense qu’il n’y a pas de mots pour décrire la vaporwave, si ce n’est que cela cristallise le non-conventionnel et l’émotion. Finalement, même s’il y a peu de structure là dedans et que les sons ont tendance à partir en vrille, le côté violent est dans l’émotion. C’est vrai que n’importe qui ne peut pas l’écouter sans se dire « mais qu’est ce que c’est que ce bordel ?! ».

MXXI – Tu appartiens aux rares personnes qui utilisent les réseaux sociaux, je dirais… à leur potentiel d’utilisation maximum. Qu’est ce que cela apporte pour la musique ?

Ahah, vous ne m’avez pas connu il y a deux ans sur Twitter si pour vous c’est maintenant le maximum ! Les réseaux sociaux m’ont apporté cet espèce d’esprit de la « non limite ». Sur Internet, les gens vont au bout de leur pensée et de leur création, l’anonymat leur fait oublier les limites. J’ai beaucoup traîné sur 4Chan, Tumblr, Twitter… Par pur esprit de contradiction, faire des choses souvent dénuées de sens m’a beaucoup amusé, mais dans un sens ça m’a aussi sûrement ouvert des pistes musicales.

MXXI – Enfin, pour terminer, je crois que ton nom, In Love With a Ghost, est issu de la fin de la saison 2 de Doctor Who. David Tennant ou Matt Smith ?

Comme j’ai découvert Doctor Who avec Matt Smith, on va dire Matt Smith, même si je porte un amour fou à David Tennant.

Tu peux retrouver Kujira et In Love With A Ghost sur leurs profils Facebook respectifs.