Cet article a été initialement publié sur le site de la revue Manifesto XXI.

Le 12 mars dernier se déroulait à Rennes la soirée Together, organisée par Decilab à l’occasion de la sortie du nouvel EP de Douchka. Celle-ci mettait à l’honneur la scène future beat française, par le biais d’une collaboration avec le label Nowadays Records. À la suite de nos rencontres avec Clément Bazin et Cotton Claw, voici pour finir la retranscription de notre interview de Superpoze, qui se produisait en deuxième partie de soirée en dj set au 1988 Live Club.
Manifesto XXI – Tu nous disais que tu commences à travailler sur un nouvel album ?
Superpoze : Oui, j’ai envie d’enchaîner. Je voudrais le sortir début 2017.
Manifesto XXI – Quel bilan tires-tu aujourd’hui de ton premier album Opening ?
Superpoze : Il y a un bilan qui est fait, mais contrairement à mes premiers EP, cet album était très pensé avant d’être composé. C’est-à-dire que je pensais déjà au second album, et au suivant. Ce que j’ai appris de ce premier album, c’est que j’ai mis du temps à le mettre en live vraiment comme je voulais, mais sinon il n’y a rien que je regrette car je me dis qu’il est ce qu’il doit être, j’en suis très content.
Manifesto XXI – Est-ce qu’il y a des éléments que tu trouves que tu n’as pas ou pas assez exploités dans le premier album, et que tu souhaites exploiter dans le second ?
Superpoze : Oui, mais c’était pensé avant. Ce que je n’ai pas exploité là – c’est-à-dire énormément de choses – je vais commencer à les exploiter sur le deuxième, et ainsi de suite. C’est pour ça qu’il s’appelle Opening aussi, c’est un morceau d’intro presque cet album.
Manifesto XXI – Est-ce qu’il y a des éléments que tu es sûr d’exploiter dans ton second album ?
Superpoze : Oui, les percussions.
Manifesto XXI – C’est par là que tu as commencé, l’étude des percussions ? Tu as fait du piano également ?
Superpoze : Oui, j’ai fait de la percussion classique sept ans en conservatoire. Un peu de piano aussi, mais je ne suis pas un spécialiste de cet instrument.
Manifesto XXI – Beaucoup de musiciens de la scène électronique ne viennent pas de parcours classiques de ce type, est-ce que tu penses que ça crée des différences dans la façon de créer, d’envisager la musique ?
Superpoze : Non, je pense qu’il n’y a pas besoin d’être un bon technicien pour être un bon musicien. J’ai vu des gens sortir de conservatoire et créer des choses que je ne trouve vraiment pas intéressantes, et inversement des personnes qui n’ont aucune formation et qui font vraiment avancer la musique. Donc non, je ne pense pas qu’il y ait de fossé entre les deux. Après, tu parles toujours mieux quand tu as plus de vocabulaire. Si tu as appris, je pense que tu as une palette plus large à ta disposition pour t’exprimer musicalement.
Manifesto XXI – Est-ce que tu peux décrire ton set-up live ?
Superpoze : Ma base c’est le logiciel Ableton Live, dans lequel j’ai toutes mes parties de morceaux séparées et transposées dans la même tonalité pour pouvoir tout mélanger. C’est mon socle, puis je construis en live. J’ai un controlleur qui gère les tempos, les effets… Et par-dessus toutes ces fondations, je joue avec un sampler et un clavier.
Manifesto XXI – Du coup les morceaux joués live s’éloignent beaucoup des originaux ?
Superpoze : Oui, tout à fait, beaucoup de choses changent. Pour se faire une idée, mon live complet a été filmé à la Gaîté lyrique et est disponible sur internet :
Manifesto XXI – C’est important pour toi justement de proposer en live quelque chose de différent des versions enregistrées ?
Superpoze : Ça dépend de ce que tu fais. Si je vais voir un gros groupe de pop que j’adore, j’ai envie qu’ils jouent leurs morceaux comme je les connais, de pouvoir les chanter… Si je vais voir un producteur, je n’ai pas les mêmes attentes. Mais moi j’avais envie de faire un live plus inspiré, pas du dj set parce qu’il n’est pas dansant, mais dans la narration, qui peut se permettre des plages presque que de nappes pendant cinq minutes.
Manifesto XXI – Est-ce que c’est un parti pris assumé de ne pas chercher à faire de la musique dansante ?
Superpoze : Oui, mais après ce n’est pas politique, je ne me bats pas contre la musique de club, la preuve c’est que ce soir je me produis en dj set, c’est de la musique de club et j’adore ça. C’est juste que ce n’est pas un impératif de faire danser. S’il y a des gens que ça bloque, eh bien qu’ils passent leur chemin, je suis très à l’aise avec ça.
Manifesto XXI – Tu as envie d’inviter plutôt à la méditation ?
Superpoze : Non, pas du tout. On parle de ça alors que je vais entamer le prochain album, et je sais déjà qu’il va être plus dansant, parce que j’en ai envie, donc je ne me dis pas que je fais de la musique dansante ou pas dansante, c’est juste que j’avais besoin de faire un album comme ça.
© Ftne Prod / Superpoze dj set Together 1988 Live Club 12.03.2016
Manifesto XXI – Tu te produis autant en dj set qu’en live ?
Superpoze : Là en ce moment je fais beaucoup de dj sets, mais ce n’est que pour quelques mois parce que je repars en studio, et j’ai besoin de ne pas trop jouer mon live pour être prêt à créer de la nouvelle musique. Mais à partir de mon passage à We Love Green à Paris, je vais refaire pas mal de live.
© Ftne Prod / Superpoze dj set Together 1988 Live Club 12.03.2016
Manifesto XXI – Est-ce que tu envisages de collaborer avec d’autres musiciens sur tes futurs live ?
Superpoze : Oui, pourquoi pas. J’y pense, après pour le moment j’ai encore envie de faire un live de producteur, seul, avec une narration très libre. Pour l’instant je le fais ponctuellement, comme par exemple pour les Transmusicales avec Code et Dream Koala.
Manifesto XXI – Est-ce qu’il y a des artistes français en ce moment dont tu apprécies particulièrement le travail ?
Superpoze : Mon musicien préféré en ce moment c’est Jacques. Au-delà de son personnage, c’est pour moi l’une des musiques les plus intéressantes qui soit produite en France en ce moment. Et sinon, dont j’admire le travail depuis plus longtemps, Traumer, un producteur techno français.
Manifesto XXI – Les choses se sont enclenchées pour toi alors que tu vivais encore à Caen, est-ce que tu penses qu’aujourd’hui c’est devenu aussi facile de percer en province qu’à Paris ?
Superpoze : Oui, j’étais encore à Caen. Et complètement, je pense même que venir de province aide. Je pense que l’atout principal d’être dans une petite ville étant jeune, c’est qu’on connaît et voit moins de choses, donc on est moins complexé, on se compare moins.
Manifesto XXI – Tu as la sensation que les choses se décentralisent musicalement en France ?
Superpoze : Tout peut venir de partout, il n’y a plus de géolocalisation de la musique. Que tu viennes de Paris, New York ou Quimperlé, c’est pareil.
Retrouvez Superpoze en live :
- 9.04 – Insane Festival, Avignon
- 14.04 – XOYO, Londres
- 5.06 – Festival We Love Green, Paris

